• Textes

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  • Pierre Bottero

    - Jeune Salim, je vais te pause une série de question. A ces questions, tu devras répondre dans l’instant, sans réfléchir, en laissant les mots jaillir de toi comme une cascade vive. Les mots sont un cours d’eau, la source est ton âme. C’est en remontant tes mots jusqu’à ton âme que je saurai discerner si tu peux avancer sur la voie des marchombres. Es-tu prêt ?

     - Oui.

     - Crains-tu mon jugement ?

     - Non.

     - Pourquoi ?

     -Parce que je m’offre à lui.

    - Crains-tu le jugement des autres ?

     - Non.  

    -Pourquoi ?

    - Parce que je dénie aux autres le droit de me juger.

    Les mots sont un cours d'eau. Salim les percevait qui coulaient en lui, vifs et forts. Vrais.

    Ellana avait raison, aucune révision n'était nécessaire, il suffisait de laisser couler les mots. D'ouvrir les écluses de son âme.

    - Pourquoi cours-tu ?

    - Pour sentir la fraicheur du vent sur mon visage.

     - Mais encore ?

    - Pour le chemin qui défile devant moi et celui qui s’étire derrière.

     - A quoi sert un mur ?  

    - A être franchi.

     - Qu’y A-t-il de l’autre cote du mur ?

     - Je suis de l’autre coté.

    Il n'y avait plus de crainte en Salim. Jusqu'au souvenir de sa crainte s'était dissipé, remplacé par une sérénité sans faille. Répondre aux questions de Sayanel se révélait être plus que facile, plus que naturel. Vital.

    En s'offrant à la sagacité du maître marchombre, il refaisait connaissance avec lui-même, gravant dans le marbre des certitudes les fondements de son être.

     - Que dit l’étoile du matin au soleil qui se lève ?

     - La douceur de la nuit et l’importance du doute.

     - Que répond le soleil ?  

    - La puissance des convictions et la beauté de la lumière.

     - Es tu étoile ou soleil ?

     - Ni l’un ni l’autre.

     - Es tu étoile ou soleil ?

     - Les deux.

    Les yeux de Sayanel s'étaient mis à briller.

     - Que deviennent les rêves qui se brisent ?

     - Les rêves ne se brisent pas.

     - Que deviennent les rêves qui se brisent ?

     -Le terreau des rêves à venir.

     - Combien possèdes-tu de maitre-mots ?

     - Quatre. Pour l’instant.

     - Offre les moi.

     - Harmonie, ouverture, plénitude et respect.

     - L’homme et le loup se dispute un territoire. Qui a raison ?

     - Le loup.

     - De combien de maitre-mots est pavée la voie ?

     - Je l’ignore.

     - Pourquoi le loup ?

     - Parce qu’il tutoie la lune et joue avec le vent.

     - Et toi ?

     - Homme et loup. Étoile et soleil. Lune et vent.

     - Six mots. Choisis en un.

     - Marchombre.


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  • Pierre Bottero

    - Jeune Ellana, je vais te poser une série de questions. A ces questions, tu devras répondre dans l’instant, sans réfléchir, en laissant les mots jaillir de toi comme une cascade vive. Les mots sont un cours d’eau, la source est ton âme. C’est en remontant tes mots jusqu’à ton âme que je saurai discerner si tu peux avancer sur la voie des marchombres. Es-tu prête ?
    - Oui.
    Une esquisse de sourire traversa le visage ridé d’Ehrlime.
    - Qu’y a-t-il au sommet de la montagne ?
    - Le ciel.
    - Que dit le loup quand il hurle ?
    - Joie, force et solitude.
    - À qui s’adresse-t-il ?
    - À la lune.
    - Où va la rivière ?
    L’anxiété d’Ellana s’était dissipée. Les questions d’Ehrlime étaient trop imprévues, se succédaient trop rapidement pour qu’elle ait d’autre solution qu’y répondre ainsi qu’on le lui avait demandé. Impossible de tricher. Cette évidence se transforma en une onde paisible dans laquelle elle s’immergea, laissant Ehrlime remonter le cours de ses mots jusqu’à son âme, puisque c’était ce qu’elle désirait.
    - Remplir la mer.
    - À qui la nuit fait-elle peur ?
    - À ceux qui attendent le jour pour voir.
    - Combien d’hommes as-tu déjà tués ?
    - Deux.
    - Es-tu vent ou nuage ?
    - Je suis moi.
    - Es-tu vent ou nuage ?
    - Vent.
    - Méritaient-ils la mort ?
    - Je l’ignore.
    - Es-tu ombre ou lumière ?
    - Je suis moi.
    - Es-tu ombre ou lumière ?
    - Les deux.
    - Où se trouve la voie du marchombre ?
    - En moi.
    Ellana s’exprimait avec aisance, chaque réponse jaillissant d’elle naturellement, comme une expiration après une inspiration. Fluidité. Le sourire sur le visage d’Ehrlime était revenu, plus marqué, et une pointe de jubilation perçait dans sa voix ferme.
    - Que devient une larme qui se brise ?
    - Une poussière d’étoiles.
    - Que fais-tu devant une rivière que tu ne peux pas traverser ?
    - Je la traverse.
    - Que devient une étoile qui meurt ?
    - Un rêve qui vit.
    - Offre-moi un mot.
    - Silence.
    - Un autre.
    - Harmonie.
    - Un dernier.
    - Fluidité.
    - L’ours et l’homme se disputent un territoire. Qui a raison ?
    - Le chat qui les observe.
    - Marie tes trois mots.
    - Marchombre.


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  • Paulo Coelho

    Le pire n'est pas de chuter, c'est de rester accroché au sol.

    Seul est vaincu celui qui renonce. Tous les autres sont victorieux.

    Et le jour viendra où les moments difficiles ne seront plus que des histoires qu'ils seront fiers de raconter à ceux qui voudront les entendre. Et tous les écouteront avec respect et apprendront trois choses importantes :

    La patience d'attendre le bon moment pour agir.

    La sagesse de ne pas laisser échapper l'occasion suivante.

    Et la fierté de leurs cicatrices.

    Les cicatrices sont des médailles gravées au fer et au feu dans la chair, et elles effraieront leurs ennemis, leur montrant que la personne qui est devant eux a une grande expérience du combat. Cela les conduira très souvent à rechercher le dialogue et évitera le conflit.

    Les cicatrices parlent plus fort que la lame du couteau qui les a causées.


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  • Marc Levy

    - Tu me donne envie de te secouer comme un prunier pour te sortir de ta foutue routine ! On ne partage pas sa vie avec quelqu'un parce qu'il est gentil, mais qu' il vous fait vibrer, rire, parce qu'il vous emporte sans vous retenir, parce qu'il vous manque même quand il est dans la pièce à coté, parce que ses silences vous parlent autant que ses conversations, parce qu'il aime vos défauts autant que vos qualités, parce que lorsque le soir en s'endormant on a peur de la mort, la seule chose qui vous apaise est d'imaginer son regard, la chaleur de ses mains. Voilà pourquoi on construit sa vie avec quelqu'un, et si ce quelqu'un est gentil, alors tant mieux, c'est un plus, mais seulement un plus !


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